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La Dictée revient en 2012 précisément le
dimanche 09 septembre au collège Font d'Aurumy à 14 heures.
La Dictée de Fuveau, c'est un "classique" pour les amateurs. Elle obtient
chaque année le même succès à l'occasion des Écrivains
en Provence, l'une des manifestations littéraires les plus courues de la
région.
Voici le texte intégral de toutes les dictées depuis la première année.
1991
Le safari escamoté.
Les quatre-vingts chasseurs néophytes durent sur-le-champ abandonner le panneautage des
zorilles tant recherchées pour leur pelage bigarré.
Quoiqu'ils les eussent traquées impunément depuis des jours, personne n'encourut le
châtiment ad hoc, les édiles de céans, mal inspirés, montrant en l'occurrence une
mansuétude rédhibitoire.
Sans qu'aucun d'eux n'en fût conscient, chacun cherchait un bouc émissaire. La zizanie
s'immisça à pas de géant dans ce groupe hétéroclite.
L'oaristys entrevue en filigrane entre un Illyrien et une Rwandaise tourna court : elle
brisa la parure en larme-de-Job offerte peu auparavant.
Un Paraguayen infatigable se mit à rêver de pêche au piranha oubliant son différend
avec la Somalie prétendument quoique indûment joaillière aux idées aberrantes.
L'Ecossais adventiste aux rouflaquettes en forme d'accroche-cur, laissant son
pibrock au portemanteau, se querella de facto avec un coreligionnaire.
Les tours-opérateurs, ne sachant plus à quel saint se vouer, s'enquirent d'un
hôtel-Dieu pour parer au plus pressé, précautionneuse prudence qui s'avéra inutile.
Ils proposèrent de substituer au safari des parties de pêche au chabot, au tacaud ou au
gobie mais tous ces m'as-tu-vu refusèrent de se resalir.
Les conventions synallagmatiques entérinées quelque deux cents jours auparavant
seraient-elles respectées en dépit des difficultés qui s'étaient succédé ?
1992
Les hésitations des joueurs de Scrabble.
Face aux tentacules déployés d'anagrammes aussi traîtres qu'ardues, nombre de joueurs
tentent leur va-tout.
Souvent sanctionnés pour des non-sens patents, beaucoup sont désemparés. Décider en un
tournemain que la jugeote ou la préfète prennent un t ou deux, choisir la place de la
lettre h dans le mihrab ou le pahlavi voire du w dans le tomahawk, peut faire basculer un
résultat.
Le coup nonuple est leur corindon, le quadruple leur améthyste mais, souvent adirés dans
la recherche de ces exploits hypothétiques, ils oublient la solution anodine trouvée par
les plus ataraxiques.
Lorsque pusillanimes, ils ne jouent pas un mot rare qui s'avère être valable, on les
retrouve quinauds ou fâchés en fin de partie.
Que les sigisbées soient caparaçonnés sous la cotte de maille leur importe peu. Pendant
le jeu, le sens et le genre des mots sont des balivernes, la place des traits d'union une
coquecigrue.
Rendons-leur néanmoins justice, la plupart d'entre eux, soyez-en sûrs, sitôt qu'ils le
peuvent se jettent sur le dictionnaire mais souvent leurs yeux se dessillent au vu du sens
des vocables employés.
1993
Furetage généalogique.
Les indices succincts qu'offrent les sources municipales au-delà du dix-neuvième siècle
rendent les recherches aberrantes.
Les ans et les souris s'étant complu dans la réalisation d'irréparables mangeures sur
les registres paroissiaux, l'amateur se tourne vers ceux de l'archevêché.
Utilisant l'autoroute très fréquentée, il se rend aux archives départementales des
Bouches-du-Rhône où, comme tout un chacun, il se plaît à consulter les documents en
toute tranquillité.
Suprême raffinement du généalogiste, les actes qu'ont laissés dans les études
notariales des générations de tabellions, de clercs et de saute-ruisseau complètent
plaisamment l'histoire familiale.
Tel fidéicommis dont bénéficiera un bâtard peut receler un vrai recueil de perles tout
comme tel codicille rajouté par un testateur pointilleux.
Des chipotages de colégataires jusqu'aux procès des de cujus intestat, tous ces
documents peuvent renseigner sur la vie, les habitudes voire le caractère de nos
ancêtres.
Meus-toi donc si tu veux tout connaître de ton lignage!
1994
Aux courses.
Après l'interview rondement menée des entraîneurs et le défilé des pur-sang dans le
rond de présentation, les dix-huit chevaux entrent en piste pour un canter.
Du parieur dubitatif au bonneteur malhonnête et hâbleur en passant par le propriétaire
arborant ses longues-vues, chacun rejoint les tribunes.
Une jument bai brun se distingue des alezans. Deux casaques mi-parties marron et jaune
représentant une même écurie sont remarquées, les tenues rayées, étoilées ou
chevronnées des autres jockeys qui concourent complètent plaisamment ce spectacle
bariolé.
Dès le départ, une succession de cris et de clameurs envahit le champ de courses.
Bientôt, signe avant-coureur des premières escarmouches, il semble que l'on voie un
cheval se détacher et c'est un branle-bas de combat dans le peloton.
Allongeant sa ganache et sa mâchoire, un outsider contre-attaque, se porte en tête puis
son avance s'accroît et il gagne de deux longueurs et demie.
Les joueurs qui s'étaient persuadé du succès des favoris en sont marris et fâchés
alors qu'une gagnante est tout émoustillée.
1995
Fuveau.
Célèbre auparavant pour ses fabriques de dails très résistants, le village connut son
apogée industriel avec l'extraction de lignite flénu.
Dès lors les résidants des vieux quartiers substituèrent à leur masures de hautes
maisons souvent mal éclairées par des oeils-de-buf ou des chiens-assis.
L'église, dont l'antique cella voûtée en cul-de-four menaçait ruine fut agrandie et
exhaussée par l'immense bâtisse actuelle grâce aux dons du laïcat autochtone.
A gauche du narthex, les fonts baptismaux ornés du monogramme de l'Immaculée peuvent
retenir l'attention de même qu'une châsse très ancienne, un tableau de style rubénien
et un buffet d'orgue.
Ami visiteur, pardonne, s'il te plaît, les problèmes de parcage, descends vers le Cercle
Philharmonique et offre-toi un rafraîchissement à défaut d'absinthe prohibée depuis la
loi de mille neuf cent quinze.
Sache que ce breuvage était fort prisé ici dans l'avant-guerre tout comme la soupe
d'épeautre ou les pois chiches.
Après cette visite menée tambour battant et avant de quitter notre sol où l'on trouve
encore des objets contemporains de l'âge helladique, évoque avec nous le souvenir
évanescent de générations qui se sont plu à vivre en ces lieux empreints de leur
mémoire.
1996
Curiosités de Fuveau.
Mon point de départ est la boucherie-charcuterie ornée d'un drôle de bucrane qui
rappelle une tête d'aurochs, celle-ci voisinant avec la fontaine au piédouche de bronze.
Je me résous à monter à pied vers le vieux village et j'y entrevois les restes de la
poterne ouest dont il ne subsiste vraiment pas grand-chose : ni mâchicoulis, ni
échauguette.
Voici déjà l'église. Là, tapie sous un clocher aussi massif que l'horloge de Rouen est
démesuré, se trouve l'ancienne demeure seigneuriale qui s'est mue en théâtre au
siècle dernier.
Je bous d'impatience d'y pénétrer pour aller rôder dans les sous-sols.
Des voûtes d'arête en plein cintre séparées par des arcs-doubleaux enchantent ma vue.
Je monte vingt et une marches et trouve les rideaux grenat et rouge sur lesquels s'ouvre
depuis quelques cent vingt périodes hiémales la représentation d'une pastorale
traditionnelle.
Si l'acoustique a été ratée, l'ensemble est gracieux. Je m'assois sur le tabouret qu'en
d'autres temps j'ai utilisé pour tenir le rôle d'un aveugle vêtu de pauvres hardes et
de socques usagés.
Je décide alors que je surseoirai à la visite des étages supérieurs.
1997
La descente.
Le canoéiste casse-cou et risque-tout, véritable cerveau brûlé qu'il était osa cette
foucade incongrue : descendre l'Arc en canoë-kayak.
Combatif à souhait dans cette naumachie, il put déjouer les embûches tendues dans les
hauts-fonds par les galets ronds comme des trommels ou biseautés comme des rochets.
Après la saussaie, il se trouva nez à nez avec des troènes dont les racines
enchevêtrées sous l'eau saumâtre constituaient un piège éminemment traître.
Par-delà l'étrave, dans un passage qui lui laissait plus de répit il put apercevoir des
gobies et des lieus qu'il se jura de pêcher plus tard.
Toujours sur le qui-vive pour ne pas être mis à quia, il dut s'employer à reluquer le
moindre remous mais une faute d'inattention le jeta au royaume des têtards.
Il s'en tira avec des ecchymoses bénignes qu'un bon émollient soigna en u>Par-delà
l'étrave, dans un passage qui lui laissait plus de répit il put apercevoir des gobies et
des lieus qu'il se jura de pêcher plus tard.
Toujours sur le qui-vive pour ne pas être mis à quia, il dut s'employer à reluquer le
moindre remous mais une faute d'inattention le jeta au royaume des têtards.
Il s'en tira avec des ecchymoses bénignes qu'un bon émollient soigna en un clin
d'il.
Il n'éprouva aucun remords à déclarer que l'Arc n'était pas navigable mais ne subit
aucunes représailles.
1998
La réception des auteurs de Grèce.
Ne confondons pas la frette de nos héraldistes, meuble d'armoiries fait de six cotices
entrelacées avec la frette à bâtons rompus voire celle des hellénisants après
laquelle nous courûmes des mois durant pour accueillir présentement nos hôtes.
Avant que ne vinssent les mois d'été, l'alcyon, oiseau mythologique de bon augure à
l'étymologie intéressante nous confirma l'arrivée d'auteurs en renom de Thessalie, du
Péloponnèse et de diverses contrées de cet empyrée.
Au travers de leur littérature, nous découvrirons indifféremment les vierges
hyperboréennes, les icônes des iconostases, les disciplines olympiques du pancrace au
pugilat en passant par les barres asymétriques ou le cheval-d'arçons de nos gymnastes;
quelle somme de connaissances nous acquerrons!
Nous les rencontrerons sous les chapiteaux gris et blanc disposés en rang d'oignons sur
la place du village et non tels des stylites au-dessus de l'abaque mouluré ou du
tailloir.
1999
Un rêve érotique.
Aussi succincte fût-elle, cette hallucination entre scotopie et cauchemar me valut mon
content d'émotions.
Goétie, jettatura, envoûtement, thaumaturgie et toute forme de magie ou de sorcellerie
n'étant pas mon pré carré, la vision de deux beaux succubes tout endimanchés et garnis
comme pour tenir les cordons du poêle à un enterrement me surprit très fort.
D'autres démons aux affûtiaux ponceau et noir portant un cochet et un jars fraîchement
saignés apparurent à leur tour; je crus reconnaître des incubes chargés
d'aphrodisiaques.
C'eût été facile de les regarder benoîtement; cependant, lorsqu'ils entamèrent un pas
de quatre dans une chorégraphie ne laissant plus place au doute, je voulus entrer dans la
danse mais foin des délices de Capoue, j'étais un piètre disciple de Terpsichore et
n'avais rien d'un coryphée.
Comme échappatoire bienvenue, un brusque réveil me tira sans anicroche de cette ubuesque
situation.
Peut-être aurez-vous souri à l'écoute de cette aventure, pourtant qui ne l'a jamais
vécue en songe ?
2000
Un contrat à honorer.
Au premier abord comme à la relecture, l'interprétation de ce texte akkadien où
manquaient des parties de phrase s'avérait particulièrement ardue.
Dans ce recueil de jurisprudence, la désinence de certains termes révélait des
chausse-trapes insolubles.
Les érudits outaouais ainsi que les québécois accueillis au village ès qualités à
l'occasion d'une rencontre d'écrivains étaient censés pouvoir aider le chercheur mais
tout cultivés qu'ils fussent, ils ne lui apportèrent que peu d'éclaircissements.
Devant son écritoire usée, celui-ci se mit à rêver aux éloges attendus qu'il ne
recevrait jamais.
Son travail était devenu inutile. Les efforts qu'il avait coûtés, les recherches qu'il
avait nécessitées ne devaient cependant pas être sous-estimés.
Au risque d'en appeler à un conseiller prud'homal, il exigerait les émoluments convenus
et ferait savoir à la cantonade que les salaires dus devraient être honorés sans
ambiguïté ni esbroufe.
"Au temps pour moi", dit son commanditaire, "en dépit de ces contretemps,
pas d'affolement, vous serez défrayé sur-le-champ".
Décidément, le code d'Hammourabi était rempli d'arcanes.
2001
La campagne électorale.
Vous les boutefeux, vous les bons apôtres, ces attitudes vous messiéent. Par ces lazzis
lancés à tort et à travers, par ces hâbleries frisant l'obscénité et le salmigondis,
vous vous déshonorez oubliant ainsi le sens étymologique du mot politique.
Les pollicitations que vous proposez, tout attrayantes qu'elles soient ont des
connotations douces-amères quand elles ne sont pas gaguesques.
En vous targuant avec aplomb, d'honnêteté, de droiture, d'honorabilité, voire de
désintéressement, vous semez plus le doute que la confiance qui irait plutôt à
reculons.
Il paraît même que certains s'entraînent pour prononcer ces speechs, ces péroraisons
et autres panégyriques.
Dieu trin! Si des maréchaux-ferrants pouvaient avec leur tricoises serrer un peu ces
cordes vocales par trop débridées, cela nous éviterait d'ouïr tous ces galimatias.
L'un de vous connaîtra le contentement d'être élu en critiquant indifféremment tout
adversaire de l'autre bord et n'en éprouvera aucun remords non sans ressentir des
arrière-goûts de revenez-y.
Le temps des palinodies passé, la sérénité reprend ses droits et c'est aux mânes
vénérés du plus habile de tous dans cet art qu'est dédié cet essai irrespectueux
certes mais combien admiratif ! Ne venez-vous pas de voir passer son bateau ?
N.B. Lazzi est accepté, speeches également.
Une précision : Palinodie était le nom du bâteau de Gaston Deferre.
2002
Hommage à Clémence.
On est allé d'enterrement en funérailles au début de cette année palindrome. Des
sycophantes malavisés ont supposé qu'il y avait eu contage pour tous ces de cujus.
Les requiem et les dies irae n'ont jamais eu cours et des rituels dépouillés qu'auraient
morgués les quat'zarts ont accompagné nos amis.
Parmi eux, Clémence, alerte nonagénaire, qui termina en son temps première ex æquo
d'une dictée paraît-il concoctée par un tortionnaire mais n'eut jamais d'hésitation
sur l'orthographe des nids-d'oiseau ou des larmes-de-Job en rassemblant intelligemment ses
souvenirs de maîtresse d'école.
C'est assurément forte de cette expérience qu'elle avait acquis la sagesse et le
discernement qui la caractérisaient.
Son ouverture au monde qu'elle transmit à sa descendance et à ses proches se pérennise
peut-être présentement avec la venue d'auteurs portugais venus proposer leurs
chefs-d'uvre de littérature à nos concitoyens.
Puisque aujourd'hui nous adressons ce compliment quelque peu sibyllin à celle qui prenait
plaisir à ressusciter le logogriphe dans sa forme moderne par des anagrammes parfois
risquées, souvenons-nous qu'elle fut une vraie gymnaste du syntagme.
Repose en paix sous les taurides de cet empyrée.
2003
Un chant religieux.
C'est à un négociant en vins, membre de la prud'homie languedocienne ayant fréquenté
le milieu des convents de francs-maçons que nous devons l'un de nos plus célèbres
chants coutumiers : le "Minuit chrétiens".
Il avait la bougeotte et versifiait incessamment en toute occasion. C'est parce que notre
homme fut remarqué par une cantatrice extrêmement célèbre, épouse d'un pontonnier
venu exercer en terre rhodanienne que son chef-d'uvre connut la consécration et
même l'apothéose.
Elle avait fait appel à un compositeur de partite dont le succès allait croissant.
Le marchand de crus, lui, n'en tira aucune manne et dès lors ses amis le prirent pour un
vulgaire calotin.
Doit-on le considérer comme gendelettre ou au pis-aller comme va-t-en-guerre rimaillant
à la va-vite ? Dans quelle pairie le situer ?
Jusqu'au prochain solstice d'hiver, c'est l'entracte mais dès la fin de l'avent quand
résonneront derechef les airs traditionnels que nous apprécierons avec nos commensaux,
nous pourrons tout à loisir réécouter cette antienne sur laquelle les opinions sont
contrastées.
Petites notes historiques hors texte de la dictée.
Minuit, chrétiens, c'est l'heure solennelle où l'homme Dieu descendit jusqu'à
nous
Placide CAPPEAU, originaire de Roquemaure sur les bords du Rhône dans le Gard, l'auteur
de ce chant de Noël devenu fort célèbre n'aurait jamais connu le succès si une
cantatrice parisienne, Madame Laurey, venue accompagner son mari qui construisait un pont
ne l'avait rencontré. Elle avait demandé à un musicien en vogue dans la première
moitié du XIX°, Alphonse Adam, de composer une mélodie sur ce texte et l'interpréta
avec bonheur et réussite dès son retour dans la capitale. Cet air a fait rapidement le
tour du monde jusqu'à être repris par les chanteurs de la Nouvelle-Orléans chaque
année à la période de Noël et en particulier pendant la messe de minuit.
2004
Pamphlet sur une ronde-bosse.
Il maîtrisait à fond la toreutique, lauteur du bronze féerique qui trônait face
à léglise.
Les heures sécoulant sur les clepsydres surannées, nonobstant les prémisses des
riverains, lentretien de luvre, tout réel quil fût resta réduit
à portion congrue. Un bon antirides adéquat eût tout solutionné mais les édiles
successifs, en véritables fesse-mathieux, occultèrent négligemment la question.
Aujourdhui la statue de Charles Verminck croupit dans une arrière-cour, nombre
dentre nous le regrettent.
Cet homme doutre-Quiévrain, instituteur aux méthodes frbéliennes, ouvrit
voici un siècle et demi la première école au village.
Pourquoi ces roquentins, mammouths dune administration prétendument avant-gardiste
oublient-ils lhéritage du passé ?
Peu men chaut que ce chef-duvre en ronde bosse gêne des travaux, ce
déplacement est une couillonnade et nous trouverons le contrepoison ou la poudre de
perlimpinpin qui lui rendra son lustre.
Ce problème local mérite-t-il tant dhypotyposes et dhypallages
superflues ?
Oui, si ces avertissements comminatoires contribuent au retour in situ de la statue
prévu, sauf contrordre, en décembre.
2005
Retrouvailles.
Les velléités des rhabdomanciens de chez nous vont être exaucées. Laménagement
des abords de la chapelle Saint-Jean-le-Moissonneur, lun des hauts lieux de
lhistoire locale, est budgété.
Comme des allégros ou des moderatos joués accelerendo, tout senchaîne.
Aux ordres dun commandant major, les humains en tabor se substitueront aux ovins en
troupeau, contrairement au Roman de Renart, pour dégager les accès.
Dès lors, les substructions dune villa du Bas-Empire et un fût de colonne en grès
posé sur le chant seront mis au jour comme cette pierre de manège qui reçoit
traditionnellement les petons des nouveau-nés après leur baptême.
Gravé à même un moellon de réemploi, le rai-de-cur aux feuilles aiguës,
présentement sous un apprêt de plâtras, na pas encore révélé ses secrets
cabalistiques, il sera ressuscité. Le décor en trompe-lil daigles
essorées ornant la cella retrouvera son éclat.
Hors de leur antre affectionné, nos gardes champêtres sans-souci auront un surcroît de
travail mais nous connaîtrons un nouvel espace hospitalier.
Trêve de dithyrambes exaltés ! Nos édiles se sont fait fort de réussir ce
pari, nous ne sommes pas près doublier les ragots dissonants qui se sont succédé.
Commentaires : le roman de Renart, ensemble de pièces écrites entre le XII° et le
XIII° dans lequel les animaux jouent le rôle des humains.
2006
Pour une édition.
Quelle sinécure pour ce non-professionnel qui sentête à vouloir publier à compte
dauteur une nouvelle digne dErckmann-Chatrian !
Inspirée des meilleures chrestomathies, cette saynète a bien du mal à obtenir
limprimatur des accros du supin ou des formes déponentes.
Il écrivait sans souci du quen-dira-t-on dans le langage bon enfant qui est le
nôtre et ne sattendait pas être parangonné à un oiseau de mauvais augure.
De contretypes ambigus en formats in-plano, de duplicata en fac-similés, il connaît tout
larsenal des contrariétés plus fielleuses que le désamiantage du Clemenceau.
Fort marri, il sen est retourné cultiver ses scorsonères et ses raiponces
négligées jusqualors.
Il a dû succomber à son péché mignon - lutilisation dun grigri - pour que
vinssent les satisfecit afin déloigner les porte-malheur et ne pas tomber dans le
lacs dapories se succédant à tire-larigot.
Loccurrence dune rencontre contingente avec un couple de sang-mêlé au bras
long a changé ce fatum. Il ouvrira bientôt les chantepleures bouchées depuis longtemps
pour fêter les premières dédicaces.
N. B. On admettra les orthographes duplicatas et gris-gris.
2007
Jai laccent.
Les doñas de São Paulo font une erreur de genre en nous disant :
" Noubliez pas ma tilde". Son
allure de scolopendre raccourcie ou diule pressé piège force grimauds. Ln
des señoritas joliment robés la aussi, comme celui des cañons.
La toiture d'une maisonnette, du faitage au battellement a un air très circonflexe.
Nautoniers et timoniers arborant leur suroît vilipendent mon accent de Nîmes sauf à
causer denim.
Celui des o dans la graphie traditionnelle de Provence rhodanienne est-il aigu ou
grave ?
Indiscutablement, la flaveur des röstis parés dun umlaut est identique au goût
des rstis qui ne lont pas.
Tous ces signes diacritiques ne laissent pas place au libre arbitre. Provoqueront-ils des
hara-kiris chez les extraterrestres du vocabulaire et autres tatillons chatouilleux du
thesaurus ?
Ce texte rabat-joie, inintelligible sans nos vade-mecum, nous rend tous atrabilaires et
marris. Quoique sans intérêt pour les jean-foutre, il démontre que laccent
entraîne souvent lincompréhension.
Remarques : Thésaurus, lñ écrit avec un tilde, leurs suroîts, rösti et
rsti seront également acceptés.
Références : Petit Robert 2007 et Petit Larousse 2007.
2009
La dictée de Fuveau 2009. Correction.
La policlinique.
Au milieu du siècle dernier, les quelque
trois mille Fuvelaines et Fuvelains avaient accès au dispensaire local, bâti sur un
ancien franc-alleu du village haut, perché sur son piton rocheux depuis
plus dun millénaire.
Une bonne sur y régna en maîtresse
femme durant des décennies. Bien secondée par ses aides-soignantes zélées, elle
réalisait des miracles, se muant quelquefois en étiopathe avertie et souvent en
philanthrope : elle était la bonté même ! Sur Saint-Privat a laissé
des traces immarcescibles dans notre mémoire ingrate.
Sa pharmacie était un capharnaüm empli
dun méli-mélo de préparations où samalgamaient çà et là, entre autres,
des fragrances de simples desséchés, de myrobolans soi-disant mirobolants,
dhellébores* fanés... Une vraie caverne dAli Baba !
Quil flânât ou quil se
hâtât, le patient parfois scrofuleux, venu pour soigner une rhinite, une otite, un
panaris voire une tourniole, affrontait patiemment dinterminables queues dans des
salles dattente bondées bien quil tînt aux meilleurs soins. Elle avait une
foi extrême en la métempsycose*. Pourtant, sa succession fut une suite
dembrouillaminis qui aboutit au démantèlement de létablissement.
Limpasse pentue na pas changé.
Pour la postérité, restera limage dun Fernandel sirotant un chianti sous une
treille de comédie qui masquait un chêneau bien vivant, devant ce sanctuaire transformé
pour la circonstance en gargote de marchand de vin. Ce sacrilège fut accompli à la
gloire du Dieu trin de la pellicule.
N.B. Les graphies
métempsychose et ellébores seront acceptées.
Texte relu, amélioré et corrigé par
Michel Pialat.
2011
Comput révolutionnaire
Inspiré et imposé par des panchen-lamas ou
des seconds couteaux de la Montagne comme le mal nommé Romme, voire le populaire Fabre
dÉglantine, le nouveau calendrier comportait des noms bizarres. Les
révolutionnaires, faisant preuve de y-a-quà que daucuns
orthographient parfois avec un k , étaient aveuglés comme les
pensionnaires des Quinze-Vingts par le Siècle des lumières. Surprenants, ces nouveaux
noms de mois tels thermidor et pluviôse ! Et pourquoi pas fructose ?
On fêtait les hémérocalles, les
chamérops(1) ou buissons de terre, les capillaires de Montpellier touffus et
toutes(2) sortes(2) de plantes hétéroclites. Voilà saint Matthieu
au rang des proscrits, comme la Sainte Vierge, le Saint-Siège ou le Saint-Esprit. Seules
les Saint-Jacques(3) restaient consommables ! Plus dun était
dérouté par les duodis, les tridis, les sextidis, les nonidis et autres jours de la
décade.
Un air de tricotets ou de carmagnole(4)
pouvait rythmer les journées de la Terreur et les sans-culottes dansaient. Nous étions
loin de la révolution dOctobre(5).
Ces remue-ménage(6) que
dictèrent la Raison et lÊtre suprême nillusionnèrent ni les benêts, ni
les béni-oui-oui et firent bientôt long feu.
Aujourdhui, cest la fête des
arrière-grands-mères, la journée des maladies nosocomiales ou la célébration de
lamitié franco-burkinabé qui nous sont quotidiennement proposées. Des
Confolentais aux Wissembourgeois, on ne sabîme plus dans le culte des saints.
Revivrons-nous le Concordat ou la Convention
moins de deux cent vingt ans après ?
Jean-François Roubaud
Texte révisé par Guillaume Terrien.
Variantes acceptées : (1) chamærops,
(2) toute sorte de, (3) saint-jacques, (4) Carmagnole, (5) octobre, (6) remue-ménages.
Références : Petit Larousse 2011, Petit
Robert 2011, Dictionnaire des difficultés de la langue française de Thomas.
Les résultats des années précédentes
2011 Jean-François Normand 10 fautes devant Frédéric Romane de Fuveau, (12)
et Josette Gauberti de Gardanne(13).
2009 Jean-François Normand
commet six fautes et demie devant Laurence Gasparini (Martigues) et Josiane Biannuci
(Gardanne) onze fautes et demie, elles précèdent Frédéric Romane (Fuveau).
2007
80 candidats. Edition remportée par Jean-François NORMAND avec 5 fautes,
devant Nicole DESTENAVE (Veuvey 38) 7 fautes et demie, Anne-Marie VERRIER (Trets 13)
10
fautes.
2006
60 candidats. La gagnante est Martine DISSAUX (Bailleul 59) 4 fautes, suivie par
Jean François NORMAND (Aix) 4 fautes et demie et Jacques LAGARRIGUE (Martigues) 5 fautes
et demie. Pour le canton et communes limitrophes de Fuveau : la première est
Josiane BANUCCI (Gardanne) avec 8 fautes et demie ; elle précède Frédéric ROMANE
(Fuveau) 9 fautes.
2005
Année record avec 90 participants ! C'est Guillaume TERRIEN (Grenoble) qui
l'emporte avec 2 fautes, Jacques LAGARRIGUE (Martigues) est deuxième avec 3 fautes et
demie, suivi par Michel LAHMI (Marseille) 5 fautes. Pour le canton et les communes
limitrophes de Fuveau : Anne-Marie VERRIER (Trets) 10 fautes et demie devance Josiane
BONNET (Gardanne) 11 fautes.
2004
L'épreuve a attiré quelques véritables spécialistes dont Simone COILLAND
(Saint-Laurent-du-Var 06) qui gagne avec 4 fautes, devant Jean François NORMAND et
Arlette ANGELINI (Saint-Saturnin-les-Apt 84).
2003
Record pulvérisé lors de cette édition. Jean François NORMAND gagne avec une
seule faute (gendelettre), devant trois ex aequo à 4 fautes et demie : Mesdames BIANNUCCI
(Gardanne) , COSTANTINO (Puyloubier) et MARTIN (Allauch).
2002
Jean François NORMAND d'Aix-en-Provence (également champion au jeu des Chiffres
et des Lettres) l'emporte avec 6 fautes, devant Rita MARTIN 9 fautes. 65
participants.
2001
Deux vainqueurs pour l'édition 2001, Muriel GORNES récidive avec 4 fautes mais
partage la victoire avec Rita MARTIN d'Allauch. L'une remporte la coupe de la Mairie de
Fuveau, l'autre le Larousse 2002.
2000
Muriel GORNES de Fourques (30) avec 7 fautes et demie.
1999
René FRANCAL de Marseille avec 7 fautes.
1998
Georgette PESCE de Toulon avec 5 fautes et demie.
1997
Paulette CHEVALIER de Marseille avec 4 fautes.
Les dictées 1994,
1995 et
1996 ont
été remportées par Jeanne PISTORESI de Saint-Étienne-les-Orgues (04) avec
respectivement 5 fautes, 4 fautes et 6 fautes et demie.
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Contact, renseignements, inscriptions : jfber.fuveau@wanadoo.fr ou 04.42.58.64.71
voire 06.33.60.08.73.
Voici pour les amateurs de dictées un lien sur un site à consulter :
http://www.orthogrenoble.net/
Une anecdote.
La dictée de Fuveau s'exporte très loin ! Le 08
août 2007, à bord du Princess Danae, la dictée 1999 a été donnée à 60 personnes
dans les eaux territoriales groenlandaises. La gagnante, Aline, de Nantes, n'a commis que
5 fautes.
Une question ? Un commentaire ? Une inscription ? jfber.fuveau@wanadoo.fr
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Une jolie photo-souvenir

Hervé Bazin remet le trophée à la
première Fuvelaine
après la Dictée de 1991 : Clémence VAILHEN.
La Dictée de 2001 lui a été dédiée.
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