ANECDOTES

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Carte postale de 1902 comme la plupart des vues du village portant un numéro de série (ici 3542) ainsi que la mention "phototype E. Lacour Marseille".

La physionomie de cette place n'a pratiquement pas changé depuis cette époque. Un buste en bronze du député Victor Leydet a été ajouté sur la fontaine en 1979, il est dû au sculpteur Martin.

Titre des anecdotes (cliquez pour choisir): Le cours(s) - La Bague à Boghei  La quadrette  -  Les deux roses La chasse au furet  Pourquoi autant de surnoms à Fuveau ? Devisons en devises  -  Faire carrière au village  -  Voici la gare Le tour des Chapelles  - La rue Cachichi  La folle  Encore question de monument au morts  -  Un saint a exercé les fonctions de curé de Fuveau  - Une colle pour fuvelains avertis - Cougourdié - La soupe d'épeautre

Anecdotes de Fuveau

Le cours(s)

La carte postale en tête de page, c'est le cours, en l'occurrence, il honore Victor Leydet (1845-1908), un député et sénateur aixois ripailleur qui voici plus d'un  siècle présidait aux destinées de notre arrondissement mais n'a pas laissé un grand souvenir dans l'histoire, souvent confondu avec son fils Louis Leydet petit maître aixois ami de Monet et Cézanne. Le cours donc, c'est la faute de prononciation commune, le péché véniel du village car pour ne pas se faire remarquer, il faut prononcer "coursss" et surtout pas cour comme le veut la bienséance ailleurs. Et puis à Fuveau, le coursss, c'est l'agora où l'on se retrouve tout les jours du coté le plus ensoleillé et le plus abrité du vent pour y refaire le monde de préférence en français au milieu duquel sont introduites quelques phrases en provençal accompagnées d'une bonne dose de parler marseillais. 
Un petit clic sur les documents ci-dessous et vous comprendrez ce qu'était la ripaille fuvelaine en 1906 avec ce menu offert à Victor Leydet lors de sa venue chez nous.

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La Bague à Boghei   

bagueaboghei.jpg (29217 octets)

Photo centenaire et à notre connaissance unique de la bague à boghei.

 Au temps où la fête votive à Fuveau avait encore un sens, outre les classiques bals et concours de boules, les animations consistaient en de nombreux jeux dont la bague à boghei. Les participants juchés sur une charrette, élevée au rang de boghei pour l'occasion, se passaient à tour de rôle une longue perche et devaient retourner un pot de peinture accroché à une barre en travers du cours Leydet. Ce jeu très populaire attirait une vraie foule et les primes offertes aux plus adroits mais aussi aux plus sales, aux mieux déguisés ou autre, tombaient à gogo. Au début des années 60, cette jolie tradition qui a dégénéré en une bataille de seaux d'eau a dû être supprimée. On l'appelait également le "pouaire" ce qui veut tout simplement dire "seau" en provençal et plus précisément le seau qui va chercher l'eau au fond du puits. La Bague à Boghei se pratique encore pour la fête de Cuges-les-Pins et de Lascours, hameau de Roquevaire, sous des formes très épurées mais pour combien de temps encore ?
Ce jeu est également attesté plus anciennement à La Ciotat, Château-Gombert et   quelques autres lieux de la périphérie marseillaise. Depuis 2002, un nouveau comité des fêtes a remis la Bague à Boghei au goût du jour en utilisant un camion en remplacement de la charrette. 

Pouaire.jpg (49672 octets)

La photo ci-dessous est également unique, elle est de 1948 et c'est "Poupou"  Cernoïa qui est à la perche.

 

Cliquez pour voir la page de photos récentes, quelle ambiance !
NB : Le seau (pouaïre) actuellement utilisé pour ce jeu est propriété d'Elian Barthélémy, fils d'André, maçon et bricoleur émérite qui l'avait lui-même fabriqué.

Et voici une anecdote "corollaire". Savez-vous qu'un fuvelain a failli être décapité à cause de la bague à boghei ? Dans les années 50, Valentin, un transporteur de la Barque aimait mener ses amis à la plage de La Capte en été. Pour ce faire il laissait monter dans la benne de son camion tous ceux qui le voulaient ce qui n'avait rien de répréhensible en cet heureux temps. En traversant La Ciotat, lorsque un "passager" a dit "On voit la mer", le petit Jacky s'est levé le plus haut possible sur la "tinteino" du camion, lorsque sa tête a effleuré un seau pendu en travers de la route. Il y a laissé quelques cheveux et une grosse frayeur rétrospective : il venait de toucher un "pouaire", un seau de bague à boghei. Ce "petit", c'est Jacky Casucci, fils de la dernière garde-barrière du village, celle qui durant des lustres a donné le passage aux trains de la feue ligne La Barque - Valdonne au niveau du Jas de Bassas.   

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La Quadrette   

Jeu de cartes typique de Fuveau et de quelques villages voisins dont La Bouilladisse, Rousset et Meyreuil,  il oppose deux équipes comme à la belote (32 cartes) avec en valeur roi, dame, valet, as, dix, neuf, huit, sept. L'atout est la couleur de la dernière carte distribuée que le donneur retourne et garde. Pour marquer le point, il faut être la première équipe à réaliser quatre levées ou plis. Si la même équipe fait les huit levées elle a deux points et si le même joueur fait les huit levées, il fait "quadrette" et son équipe marque quatre points. On va généralement en huit. Le plaisir du jeu c'est que l'on peut parler et demander à son partenaire qu'il dise les cartes qu'il a en mains, choisir celle qu'il doit jouer et discuter de la tactique à adopter. Il est conseillé d'annoncer ses rois, ses coupes, les petits mariages (dame et valet) ou lorsqu'on met feu (une seule carte d'une couleur) mais éviter d'annoncer les dames seules et le jeu d'Aix (deux cartes de chaque couleur). Le parler provençal est certes admis voire même conseillé.          

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Les deux Roses    

 L'un des concours de quadrette des années 50 est resté dans les mémoires. Les équipes qui s'inscrivaient, parmi elles de nombreuses équipes féminines ou mixtes, donnaient le nom ou le prénom de l'un des deux joueurs et plus souvent le surnom: les deux "Gamate", les deux "Bartoche", les "Sinsoire", les "Mariette", les "Saguiche", les "Bretelle", les "Marlois", les "Pèti", les "Belle-nuit", les "Barioù" au hasard des quelque soixante équipes, la liste n'est pas exhaustive. Cette année-là, après le tirage au sort des équipes devant s'affronter, la paire des deux "Roses" qui faisait anormalement attendre leurs adversaires était recherchée par les organisateurs qui pestaient contre ces femmes qui s'inscrivaient puis allaient vaquer à quelque tâche ménagère avant le concours. On en était venu à faire le tour des maisons de certaines Rose du village mais aucune n'était inscrite. Au moment de les déclarer forfait on vit sortir d'un bar Joseph et Auguste, deux grands amis : l'un était responsable de la cellule communiste et l'autre engagé et marqué à droite le mélange de leur couleur, le rouge et le blanc, en avait fait "Les deux Roses". Osera-t-on ajouter qu'ils étaient peut-être noirs ?

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La chasse au furet   

Cette forme de chasse était certainement la plus appréciée à Fuveau. Il fallait trouver des terriers de lapins dans la colline (une troucharié) et envoyer un furet à l'intérieur. Si le lapin y était, il s'enfuyait nécessairement par une autre issue et devenait facile à tuer. Les marseillais qui étaient considérés comme des béotiens à l'époque aimaient être invités à cet amusement particulier. Paul fit savoir à l'un d'eux qu'il avait repéré une "troucharié" de Géants des Flandres et l'invité eut plaisir à l'accompagner. Peu après que le furet fut envoyé dans une galerie  pour accomplir sa tâche, on vit sortir de l'autre coté du terrier un lapin albinos d'élevage paré d'une somptueuse cravate. L'histoire se passait dans l'entre-deux-guerres, depuis quelque trente années, cette chasse est prohibée.  

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Pourquoi autant de surnoms à Fuveau ?

  Dans tous les villages, la tradition des surnoms ou des "faux-noms" était monnaie courante mais plus encore sur le notre où se mélangeaient un tel contingent de Barthélémy, Vitalis, Blanc et autre Bourrelly qu'il fallait bien les distinguer et lors du pointage des ouvriers mineurs, chacun était appelé par son surnom et personne n'y trouvait à redire. En voici au hasard : Bamban, Barioù,  Baron,  Bartoche,  Belle-nuit,  Bi,  Blanquet,  Bretelle,  Cabanon, Chinchet, Chinchin, Gamate, Gauche, Laboutèze, Lapente, Lapin, Mariette,  Marlois,  Massaque, Nabo, Pèti,  Pia,  Saguiche,  Sinsoire,  Sordat, Tachou,Tra-Tra, la liste est loin d'être exhaustive.



Sur ce cliché pris devant le bar des Joyeux, on peut remarquer une ancienne inscription prouvant que les surnoms n'étaient pas l'apanage de la mine. On lit encore au-dessus du fronton "Coulomb dit Gauche" ! Le personnage qui tient le chien dans ses bras était surnommé "Noël lou cantaïre", Noël le chanteur.

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Devisons en devises 

 Fuveau n'avait pas de devise sur son blason. Au début du siècle dernier, le félibre Eugène LONG a voulu pallier cette petite carence et a proposé "Fuveù enfuvello". C'est un jeu de mot qui peut être compris et traduit par "Fuveau rend fuvelain" ou "Fuveau attache" par allusion à la boucle de ceinture (la fuvelo) figurant sur le blason. C'est la devise non officielle mais néanmoins couramment admise, reconnue et acceptée.
Une famille du village est aussi connue pour sa devise. Les VITALIS proclament : "La table et le reste".  Tout un symbole au pays de la "Confrérie de l'aïet".  "Aïet": nom commun provençal qui signifie ail mais surtout aïoli.

Faire carrière au village  

 La vue (1902) ci-dessus prise du haut de la rue Rondet est particulièrement intéressante, elle montre la carrière de la route de Châteauneuf ou de la Roque Martine encore en activité. Celle qui est encore très visible au bout de l'avenue Chanoine Moisan était déjà fermée et celle de la Roucaoudo, à l' extrême droite de la photo, n'était pas encore ouverte. La plus belle des anciennes carrières de la commune mérite la promenade : c'est celle de Jauffret le tailleur de pierres. On ne peut y accéder autrement qu'à pied à partir du hameau de la Grande Bastide. Il faut monter tout droit, laisser à droite l'ancienne bergerie dite bergerie d'Armand, passer sous le petit pont de chemin de fer et continuer à monter en face dans la colline toujours tout droit sur 100 mètres en obliquant à peine sur la gauche. Là, on trouve encore "in situ" de gros moellons smillés que la mort du dernier exploitant a laissés sur place, l'œil de celui qui sait voir fait le reste pour la découverte de ce site resté relativement intact et qui mériterait certainement un réaménagement. Noter aussi que l'on aperçoit en plein centre de la photo, le moulin des Bosques maintenant quasi invisible dans la végétation.

    

       Voici la gare 

Elle aura vécu de 1904 à 1964. Les photos ou cartes postales de cet édifice vues sous cet angle sont rares alors que coté voie ferrée elles foisonnent. L'avenue Célestin Barthélémy était une voie sans issue et ne menait qu'à ladite gare à l'emplacement de laquelle se trouve maintenant un rond-point orné d'une fontaine sans intérêt achetée sur catalogue et point de départ des avenues Delattre de Tassigny ou maréchal Leclerc, noms donnés dans les années 70 alors que les dites avenues sont longées par le ruisseau au nom pittoresque de "La Casserole" qui mène à la source de "Trente Gouttes", des noms que l'on veut bien oublier sauf en cas de gros orages et de débordement.
Elle a connu une intense activité pendant toute son existence comme toute la ligne La Barque-Valdonne avec passage du transport de chaux, de charbon et de voyageurs en particulier de mineurs.

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Le tour des chapelles. 

 Il est une expression d'origine bretonne fort connue, c'est "partir en bordée". La performance consiste à faire le tour des maisons accueillantes d'amis ou connaissances sans oublier les bars, points de passage obligés et de finir une journée voire une soirée dans un état aisément imaginable. A Fuveau, ce noble sport s'appelle le "Tour des chapelles" mais ne diffère en rien du précédent hormis que le pastis tient la part la plus importante des ingurgitations. Cette pratique est devenue quelque peu désuète quoiqu'elle ait connu le temps de l'absinthe et qu'elle ait allègrement traversé le siècle dernier.

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La rue Cachichi

C'est l'histoire d'un homme qui n'a passé que quatre ans à Fuveau dans l'entre-deux-guerres, précisément dans les années folles, mais qui nous a offert la plus croustillante des histoires de rue du village. Boulangers depuis trois siècles de père en fils, soit aux Milles, soit à Velaux, les SILVESTRE étaient affublés depuis plusieurs générations du sobriquet de CACHICHI et ce depuis si longtemps qu'eux-mêmes ne savaient plus pourquoi. Léon Silvestre, né à Velaux en 1888, poursuivit naturellement la tradition familiale. La première guerre lui laissa une infirmité au bras, par suite il exerça au Pont-des-Trois-Sautets dans des conditions difficiles puisqu'il pétrissait à la main. Début 1925, l'occasion lui fut donnée de prendre en gérance la boulangerie Négrel de Fuveau que son propriétaire laissait pour raison de santé mais qui était équipée d'un pétrin mécanique. Quel travailleur forcené ! Il livrait dans la journée jusqu'à Salonique, quartier de Gréasque, et ne trouvait le temps de dormir que sur le trajet du retour que son âne connaissait parfaitement. A cette époque, les boulangers de Fuveau ne fabriquaient que le pain marseillais en pâte dure, le pain d'Aix, une pâte molle d'un demi kilo et le pain parisien à forme cylindrique. Lui, avait le sens commercial et fut le premier à introduire au village le "pain de luxe" qui n'est rien moins que notre flûte actuelle. Mettant à profit son original surnom, il baptisa son établissement  qui se trouvait à gauche de l'actuelle Caisse d'épargne : "Boulangerie Cachichi". La traverse pentue qui à cet endroit forme angle avec la rue de la République n'avait pas de nom bien défini à l'époque, fort peu utilisée qu'elle était puisque régulièrement encombrée de fagots, les faïssines, que les jeunes fuvelains ramassaient à l'époque pour les boulangers du village et même pour ceux d'Aubagne et Marseille. Certains l'appelaient la traverse Négrel du nom du propriétaire de la partie droite de ladite rue. Un jour que Léon SILVESTRE repeignait sa devanture, il eut tout simplement l'idée de peindre au coin de sa maison "RUE CACHICHI" et depuis le nom est resté sans qu'aucune délibération municipale ne soit venue entériner cette décision unilatérale. En 1928, il a quitté Fuveau pour se retirer à Aix où il est mort en 1967. La rue demeure.   
Au fait, savait-il que le cachichi est un instrument de musique brésilien ?

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Léon SILVESTRE dit CACHICHI

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La folle

Sauf erreur, c'est la commune de Termignon-en-Vanoise (73) qui avec sa superbe pleureuse possède le plus beau monument aux morts de France. A Fuveau, nous sommes très vraisemblablement bien placés dans le classement des plus laids et tristes édifices commémorant le souvenir de ceux qui sont tombés lors des dernières guerres. Erigé rue Rondet sur l'emplacement de l'ancien cimetière de la commune, notre monument, au demeurant bien entretenu, représente une Marianne les bras levés qui en son temps a dû brandir d'une main une palme et de l'autre un étendard mais ces deux attributs ayant subi des ans l'irréparable outrage, celle-ci se retrouve les bras en l'air avec la bouche ouverte de façon quelque peu surprenante et conséquemment, des autochtones observateurs ont donné à notre vénérable monument un surnom peu amène, la folle. Au passant de juger.



Rendons à César : dans l'été 2008 ce monument a été restauré, l'anecdote perd son sens mais l'histoire restera.

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Encore question de Monument aux Morts

L'église paroissiale possède aussi, son monument monument aux morts avec cependant quelques différences dans les noms des disparus gravés sur le marbre. C'est une chapelle au fond de la travée nord. Qui dit chapelle dit autel et à l'intérieur de celui-ci, a été déposé un objet personnel de chacun des disparus pouvant aller du peigne à la blague à tabac. Cet hommage discret et sincère n'est consigné dans aucune archive et pourtant...

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Un saint a exercé les fonctions de curé de Fuveau

En septembre 1816, Eugène de Mazenod, accompagné de trois prêtres de la Mission de Provence, est venu au village durant quatre jours pour prêcher une "mission" à l'invite de Pierre Chabert alors curé de la paroisse. Ils visitent la totalité des familles du village qui comptait alors 1200 âmes et donnent prédications, sermons et même confessions en provençal. Le dernier jour une croix est érigée, elle existe toujours, c'est la "Croix de fer" à l'angle Rue du Nord et rue de la Paix. En septembre 1822, le père de Mazenod est appelé pour exercer à titre transitoire les fonctions de curé du village pendant un mois. On retrouve sa signature sur les registres de l'époque. Il a été béatifié le 19 octobre 1975 par Paul VI et canonisé le 3 décembre 1995 par Jean-Paul II. Le chanoine Moisan a écrit sur sa vie un livre plein d'enseignements. Encore un événement important du passé totalement oublié par la communauté du village.

Un lien pour plus de détails sur sa vie : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_19951203_de-mazenod_fr.html

Pour ne sortir qu'à moitié du sujet, nous avons eu si l'on peut dire également, une "bienheureuse" qui est passée à Fuveau, eh oui ! La bienheureuse sœur Marie de Jésus DELUIL MARTINY, née à Marseille en 1841, fondatrice de la Sociète des Filles du Cœur de Jésus a été nourrie dans sa plus tendre enfance à Fuveau par une nourrice fuvelaine et béatifiée en 1989 par Jean-Paul II.  
Les nourrices étaient une spécialité fuvelaine dans les siècles passés.


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Une colle pour fuvelains avertis.

Trois voies ou quartiers rappellent le souvenir d'anciens maires du village. Les connaissez-vous ? La première, c'est relativement facile, c'est l'avenue Alexandre Philip devenu maire après la dernière guerre, il conserva son poste jusque dans les années soixante. La deuxième, un peu plus difficile, c'est l'avenue Célestin Barthélémy qui fut également médecin du village au début du siècle dernier quant à la dernière, elle peut vous permettre de coller un fuvelain de vieille souche fut-il même très au fait du passé de son terroir. Eh bien il s'agit du chemin de Cassagne du nom d'un aixois, officier de santé, maire du village dans les années 1815 et qui était propriétaire d'un domaine situé sur la route des Michels à droite avant le pont de l'autoroute. C'est sur le dit domaine que le premier court de tennis de Fuveau vit le jour dans les années trente. 

  Cougourdié    

La tradition de la pastorale Maurel jouée depuis bien plus d'un siècle en période calendale au Cercle Saint-Michel et ce sans interruption hormis les années de guerre, c'est une maintenance connue dont le village s'enorgueillit. Les anecdotes sur celle-ci sont légion mais la plus intéressante, est celle du personnage de Cougourdié. L'auteur, Antoine Maurel, a appelé Pistachiè le rôle du simple, comique et plein de bon sens dans son œuvre, par dérision bien sûr puisque le pistachié en l'occurrence ne se traduit pas par "arbre à pistaches" mais par "coureur de jupons" voire un plus moderne "dragueur". Ce nom n'avait pas été apprécié par l'abbé Moisan curé du village à partir de 1904 et il avait imposé que le dit Pistachié, tout au moins à Fuveau, soit appelé "Coucourdié " mot ayant rapport avec la courge. Ses ouailles lui ont obéi et la tradition reste.

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La soupe d'épeautre.

Hormis quelques champs dans la vallée de l'Arc, encore étaient-ils très argileux, les terres de Fuveau étaient pauvres, ceci expliquant la présence d'oliviers, aulx, pois chiches et autre culture adaptée au terroir. La céréale qui convenait le mieux était le petit épeautre et les fuvelains étaient friands de recettes réalisées à partir de ces grains, en particulier la soupe d'épeautre, un plat qui nécessitait une cuisson particulièrement longue et donnait un bouillon assez gras d'autant que les ménagères n'hésitaient pas à ajouter un os pour donner un peu plus de goût. En provençal, l'épeautre se dit "l'espèuto" que d'aucuns n'hésitaient pas à franciser en "soupe des putes" ! 

 


  
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