Voici d'autres anecdotes
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DESTINS DE MAIRES
Il fut élu dans l'entre-deux-guerres, Virgile BOURRELLY, dit le Lapin, passa un mandat et
décida de ne pas faire de campagne électorale pour le second : il fut sèchement battu
mais conserva une place d'adjoint. Ses fonctions étaient moins prenantes qu'aujourd'hui,
il avait coutume de passer le soir devant la mairie et son secrétaire lui criait
généralement : "Il n'y a rien, tu peux filer".
Maire entre les années 1833 et 1840, Joseph Long dit l'Américain aurait pu se
targuer du titre de maire le plus détesté. Revenu nu et crû d'un séjour aux
Amériques, il monta une petite fortune en louant à prix d'or quelques terres sans valeur
directement à la commune et se bâtit en sept ans de "règne" un patrimoine
confortable, bien des chroniques de l'époque relatent ces faits délictuels.
Félix Barthélémy (dit de la pompe, dit Bamban) ne fut pas élu mais nommé pendant
l'occupation en 1942, à la libération il fut jugé pour faits de collaboration et
interdit de séjour sur la commune, il finit ses jours comme sacristain de l'église
Sainte-Rita à Nice ! La fin de son "règne" marqua l'avènement d'Alexandre
Philip qui fut réélu jusque dans les années 60 avec ses deux adjoints Joseph Martin et
Lazare Richier.
Une petite confidence pour laquelle il y a maintenant prescription : bien des fuvelaines
ont eu à la fin des années 40 et même dans les années cinquante une ferveur soudaine
pour sainte Rita, patronne des causes perdues. La plupart avaient eu leur mari ou fiancé
prisonnier libéré plus tôt que prévu. Chacun pourra conclure cette histoire à sa
façon.
ANECDOTE BOULISTIQUE
Lorsque l'on parle anecdotes villageoises au moins une se rapportant aux boules semble indispensable. La partie dont nous faisons état s'est jouée au début des années 1970 à La Barque. Pendant cette décennie, un immuable concours nocturne "à la mêlée, deux joueurs trois boules" se jouait le samedi soir sitôt que revenaient les beaux jours. Sur les une heure du matin, deux équipes se retrouvent en finale Masia (corse de Ghisonnaccia, passionné entre tous) associé à Michel (c'était son nom, ouvrier agricole originaire du hameau des Michels) ils étaient opposés à un habitué surnommé Pintade (de Gardanne ou de Meyreuil) associé à Choual un émigré d'Algérie solitaire bien aimé de tous à La Barque. La partie se jouait devant la station service dont le terre-plein n'était pas goudronné à l'époque. 12 à 12! Michel pointe et "embouchonne", Pintade n'a que deux boules en mains face à Masia qui en a encore trois mais devant la situation le gardannais est obligé d'y tirer. Il frappe comme d'usage mais le bouchon va se planter quinze mètres plus loin au milieu de la route, en l'occurrence la RN96 et la boule de Michel suit le bouchon à cinquante centimètres environ. Vous me suivez ? Le bouchon est donc à plus de vingt mètres du cercle mais il n'a pas touché d'obstacle et il est visible car dans le croisement la route est éclairée. Palabres ! Pintade qui n'a plus qu'une boule en mains avec un bon point à reprendre à plus de vingt mètres demande que la mène soit annulée et Masia dans une situation plus que favorable, point quasi imprenable et trois boules en mains soutient que l'on doit jouer. Palabres, encore palabres on prend à témoin la galerie, on évoque tous les points du règlement que personne ne détient en y mêlant le code de la route, la déontologie sportive voire la philosophie. Au bout d'un quart d'heure d'affrontements verbaux les deux équipes conviennent de laisser la décision au président Jean Magraner qui attend la fin du concours dans le bar en sirotant quelque alcool de circonstance. Dans un état que certaines morales eussent réprouvé il décide péremptoirement : "On va au bout". Pintade est obligé de s'exécuter à contrecur . Il joue la boule de la dernière et minime chance et c'est l'exploit historique : il embouchonne au milieu de la route sur le goudron ! Masia fou de rage tire trois fois et manque ce qui est bien normal à cette distance. La fin de l'histoire, c'est que Pintade et Choual, fiers de leur authentique exploit, n'ont pas encaissé l'indemnité due aux vainqueurs et ont payé deux tournées générales.
LE CATECHISME SELON PIERRE BENOIT
Pierre BENOIT est entre autres l'auteur des Croix de feu au milieu du siècle dernier. A
la même époque, il avait un homonyme beaucoup plus discret à Fuveau. Il était toujours
au fond de la classe à l'école comme au catéchisme. L'abbé Moisan pose un jour cette
question à la cantonade, combien il y a-t-il de Bons Dieux ? Le petit BENOIT lève la
main. Devant ce fait rare, l'abbé Moisan lui
donne la parole "Un plen pouciéu Moussu lou cura" (Une pleine loge à cochons,
Monsieur le curé).
- Ah bon, pourquoi ?
- Mon père, y dit toujours "aqueli boun diou de porc" (ces bon Dieu de
cochons).
Marcel Dellasta nous conte sur son site une autre anecdote concernant Pierre Benoit, elle
est intitulée "La bonne action". Cliquez pour la lire.
LE CATECHISME SELON BIKI
Question un peu similaire posée à Ghislain MATTIO dit Biki dans les années 50 par
Madame Moustier plus connue sous son nom de jeune fille Jeanne Bouissounouse, catéchiste
émérite.
- Où est né Jésus? ...pas de réponse - Je t'aide à Bè, à Bè...
- A Belcodène !
Une toute récente (mai 2006)
Georges Morrucci se taille consciencieusement la moustache et se coupe régulièrement les cheveux en ce moment, cela se remarque et lorsqu'on lui demande s'il est allé chez le coiffeur, il explique fièrement que c'est lui qui s'entretient et qu'à chaque fois, il économise environ dix pastis en ajoutant : "le problème, c'est que, bè, c'est comme si j'allais tous les jours chez le coiffeur".
En provençal, la fontaine c'est la "font", il y avait plusieurs lieux à Fuveau
pour lesquels on parlait de "font" : la Font de Sole, elle se trouvait juste en
face le restaurant Le KB du coté droit de la rue Chanoine Moisan, elle est aujourd'hui
détruite. Elle était adossée à la maison d'un certain Monsieur Soler surnommé Sole.
Il y avait aussi sur la route des Michels, cent mètres à gauche avant le passage sous
l'autoroute, le quartier Font de Prat, "Fontaine des Prés" mais à l'origine
"Font deî pèd", Fontaine des Pieds ! Ce nom de quartier est conservé
aujourd'hui et il y avait une source très abondante en ce lieu, malheureusement dans les
années 50 la construction d'un canal dont on peut entrevoir quelques traces à droite de
la route a asséché cette arrivée d'eau.
Pour le quartier Font d'Aurumy qui a donné son nom à l'actuel collège, nous en sommes
réduits aux suppositions. La "Fonte d'Aurimia" est attestée dès 1259 sur la
commune de Fuveau. Cela en fait l'un des plus anciens noms de lieu connu sur notre
village. La racine latine "aur" peut faire penser à la fontaine d'or mais rien
n'est moins sûr. Le nom du quartier ne figure pas sur la carte de Cassini (fin du
dix-huitième) par contre sur le cadastre dit de Napoléon publié en 1823 nous trouvons
le quartier "Font d'Aurumy et Masse". On peut le consulter sur : http://www.archives13.fr/archives13/CG13/pid/103
(descendre ensuite jusqu'à"lien externe vers le
cadastre napoléonien").
Cette anecdote fait aussi partie de la page "Pourquoi ma rue?"
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FAN DE CHICHOURLE !
L'expression provençale est bien connue. Une chichourle est une jujube mais c'est aussi
le nom qui était donné à ces dames dites de mauvaise vie en Provence, ceci parce
qu'elles attendaient souvent le chaland sous un jujubier. Donc qui dit "fan de
chichourle" insinue sans le savoir "enfant de putain". Comme nous le montre
la carte postale ci-dessous datée de 1906, nous avions à Fuveau notre Hôtel Frégier
devant lequel trônait par hasard un jujubier. Que penser ? A la fin des années 1800, le
tenancier de l'établissement était Bourrelly dit Laboutèze.
Certains anciens disaient : "Fuvèu, pitchoun villagi, grand bordéu". Allez
savoir ?
N.B : dans nos recherches aux archives départementales de Marseille, nous avons relevé
des plaintes en 1886 contre le Café du Siècle et le Café du Cours qui "emploient
des filles non seulement pour servir les consommations mais les laisser se livrer à la
prostitution dans les étages" (côte 4M908).
Ci-dessous le célèbre jujubier.

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