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Héroïque Ninette

Très fier de vous conter cette histoire qui est bien plus qu'une simple anecdote car l'héroïne en est Ninette Reybaud, Maria Reybaud née Isnard dite Ninette, sage-femme de son état, celle qui m'as mis au monde, celle entre les bras de laquelle je suis né voici soixante ans passés ! Nous sommes pendant la triste époque de l'occupation, à Fuveau comme ailleurs, des garnisons allemandes sont installées sans parler des disciples de Mussolini. Dénonciations et réquisitions sont  le lot quodidien de ceux qui ne sont ni déportés ni partis au front ni emmenés en camp de travail. Parmi ceux-ci, Ninette Reybaud, la sage-femme pour le village et les communes voisines. Elle avait été dénoncée comme possédant un poste de T.S.F ! La gestapo, emmenée par Marzloff et Hermann surnommé Le Balafré de triste mémoire, n'avait pas tardé à débarquer chez elle pour saisir l'objet du délit. Lorsque cette sinistre bande lui ordonna de donner son précieux instrument, celle-ci le prit et de toutes ses forces le brisa au sol en plusieurs morceaux en ajoutant avec la fougue qui la caractérisait que "jamais elle ne donnerait rien à l'ennemi" avec des mots bien plus crûs que ceux-ci.  Elle fut emprisonnée mais rapidement libérée sur intervention du prêtre de l'époque, l'abbé Moisan et du docteur Defaix mais pas même condamnée tant elle était indispensable à la vie de la communauté alentour. A Fuveau, il n'y eu qu'un résistant qui prit le maquis : Louis Pécol mais nous considérons qu'il y eut une deuxième vraie résistante : Ninette Reybaud.

Coulomb, le Chouan


Nous sommes en 1931, Fuveau est à la veille d'une terrible épidémie de typhoïde et le nouveau maire, Théophile Coulomb, comme mû par un pressentiment prend un arrêté draconien en ce qui concerne le lavage du linge et c'est au garde champêtre qu'incombe la charge de sa stricte observation. Ce dernier qui vient d'être embauché en lieu et place de Léon Deleuil, révoqué, se nomme Léon Coulomb plus connu au village sous le sobriquet du Chouan. C'était un dur et pour donner l'exemple, il n'hésite pas à verbaliser son épouse qui lavait des serpillières à la fontaine de la rue du Château Vert !
Cette histoire légère s'inscrit dans une période grave de la mémoire locale au cours de laquelle le dévouement du Docteur Defaix fut entier. Les détails de cette épidémie ont été publiés sur le journal paroissial dans les années 90 avec un maximum de détails, c'est Auguste Honorat qui a effectué ce minutieux travail de recherches en particulier auprès des 12 familles qui ont perdu un des leurs.



Miu L'abbè

Parmi la quantité impressionnante de surnoms donnés au village, il est quasiment impossible cent ans plus tard d'en retrouver l'origine. Pourquoi Marius Dépousier fut-il  toujours connu sous le nom de Miu l'Abbé ? C'est intéressant ! Miu, parfois Meu, diminutif de Marius, c'est facile, et l'Abbé c'est parce que dans sa jeunesse il avait été "Abat", terme qui n'a rien de religieux mais qui désignait le responsable de l'organisation des fêtes votives de l'année. Le terme d'Abat qui était employé entre autres à Fuveau est à rapprocher de "l'Abbé de la Jeunesse" qui désignait à peu près la même fonction à Aix voire du "Prieur" qui désigne toujours surtout dans la partie nord du département le responsable des festivités et défilés de la Saint-Eloi.

La Passion selon Moustier

Jusque dans les années 50, outre la Pastorale en période calendale, le Cercle Saint-Michel donnait aussi la Passion selon saint Matthieu, œuvre grandiose s'il en est. Dans les années 30 se produisit un événement fort rare. Pierre Barthélémy dit le Grand Pierre jouait le rôle du Christ et Denis Moustier  celui de Joseph d'Arimathie. Lors de l'une des scènes les plus pathétiques, la descente de croix, le Christ, sensé être mort, ne put retenir un vent particulièrement sonore et malodorant. Eclat de rire général dans la salle et dans la foulée une réplique inédite de Moustier qui est restée dans la mémoire locale " Encà, en sus que t'ajudi, m'encencès !", "Encore, en plus que je t'aide, tu m'encenses !". Il fallait vraiment que ces gens de l'époque aient un sens inné du spectacle, de l'à-propos et de la comédie pour sauver les meubles de cette façon. 

 La rue Rondet

Partant du cours jusqu'à l'église, elle voit défiler bien des événements  de la vie de Fuveau. Elle rappelle le nom d'un syndicaliste des mines de la région de Saint-Etienne, Michel RONDET qui est d'ailleurs statufié à l'entrée de cette ville. Cet homme qui a passé une grande partie de sa vie en prison a fait une apparition éclair chez nous pour un rapide meeting de propagande à la fin du dix-neuvième siècle. Il est généralement admis qu'il serait à l'origine de la CGT. Son personnage et les événements  qu'il a provoqué ont largement inspiré Zola dans Germinal. Le patronyme de Rondet n'est pas très répandu mais nous avons actuellement à Fuveau du coté du quartier Saint-François, son homonyme, Monsieur Michel RONDET.
Curieusement avant de prendre cette appellation elle s'appelait rue Vendôme.

La statue de Rondet à La Ricamarie près de Saint-Etienne.

DES RUES CURIEUSES

Le S oublié au bout du chemin de Marlois n'est qu'un modeste détail parmi les aberrations qui foisonnent dans les noms de nos artères diverses. Nous pouvons commencer par le chemin des Esquirous, des écureuils en provençal, que nos cartographes ont affublé d'un S final ignorant totalement une règle essentielle de grammaire provençale,  pas de S même lorsque le nom est pluriel. Quoique, coté orthographe de la lengo nostro, il y a d'autres surprises chez nous.
 Et la traverse de Quène ! C'était le nom (ou le diminutif) de l'exploitant de l'ancien cinéma du village qui avait précédé Barrême jusque dans les années 50. L'ancienne plaque à droite en montant la traverse porte bien le mention traverse de Quène mais une nouvelle plaque à gauche indique traverse du Quène et à quand la traverse Duquesne ?
Autre sottise pour la rue du Ferrage parallèle au Boulevard Loubet derrière la presse. Une ferrage (au féminin) était auparavant une propriété non bâtie, c'était le cas pour ce quartier au début des années 1800. Les quartiers et rues de la Ferrage foisonnent en Provence. La rue qui nous intéresse ne doit en aucun cas évoquer le ferrage des chevaux et quand on dit chez nous de quelqu'un qu'il est "ferré" ou plein de "fer", c'est qu'il a des propriétés.
Que dire de la rue Barthélémy Niollon que de piètres administratifs ont transformé en rue Miollon ?
Et pourquoi, outre la rue du 14 Juillet, autant de rues portant le nom de tribuns révolutionnaires ? Rue Hoche, rue Marceau, rue Kléber, rue Danton, rue Mirabeau, liste peut-être non exhaustive. C'est que vers 1898, une municipalité radicale, d'extrème gauche de l'époque, a tenu à débaptiser la rue Vendôme (signe aristocrate s'il en est !) en rue Rondet, syndicaliste Forézien venu haranguer les mineurs, et en a profité pour donner un nom à connotation révolutionnaire pour ces traverses qui n'en avaient pas jusque là.

 

BEU L'AIGO

Un représentant de la famille Blanc de Fuveau, disons plutôt de la dynastie car c'était un des noms les plus répandus avait une sorte de tare : il ne buvait pas de vin ! Il n'était pas question de le surnommer Boileau, cela aurait été prétentieux, on l'avait donc appelé Beù l'aïgo qui, si vous n'entendez pas la lengo nostro, est la traduction littérale du français "Boit l'eau". 

GOUSTO-SOULET

C'est l'un des quartiers excentrés de Fuveau puisqu'il touche aux confins de Gréasque, Gardanne et Meyreuil. C'est un nom ancien puisqu'il est répertorié sur la carte de Cassini et d'ailleurs écrit Cousto Soulet. Il pose bien des problèmes orthographiques à sa légion nouveaux résidents qui se posent aussi des questions sur son origine, c'est pourtant bien simple. Un gousto-soulet en provençal est tout simplement un égoïste, ce qui se conçoit aisément car jusqu'aux années 1950, il n'y avait qu'une seule bastide, aujourd'hui fort défigurée par les rénovations dans ce quartier perdu et il fallait une dose d'égoïsme certaine pour vouloir et pouvoir régner seul sur ce territoire.  

Un renseignement ?  jfber.fuveau@wanadoo.fr